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30 ans après : le génocide Cambodgien en jugement |
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Le 17 février 2009 s'ouvre le 1er procès du génocide qu'a connu le Cambodge entre 1975 et 1979 devant un Tribunal mixte composé de juges Cambodgiens et internationaux.
Et sera jugé d'abord Duch, responsable de la prison S21 où furent détenus, interrogés torturés et exécutés plus de 12000 hommes, femmes et enfants coupables d'avoir été contaminés par le virus de la civilisation occidentale que Pol Pot et les siens s'étaient jurés d'éradiquer.
"Un lieu sinistre transformé en musée; celui des horreurs que notre 20éme siècle a su produire au nom d'idéologies obsessionnelles prenant pour cibles la race, la religion ou ici l'appartenance culturelle et sociale.
Mais ironie du droit ce n'est pas pour génocide que Duch comparait; la Convention contre le génocide de 1948 ne prévoit pas l'extermination d'une classe sociale comme constitutive de ce crime; cette incrimination ayant été exclue à la demande de l'Union Soviétique.
C'est pour crimes contre L'humanité qu'il sera jugé, à l'instar des 4 prochains accusés qui comparaitront ultérieurement dont Nung Chea, frère N0 2, et l'ancien Premier Ministre, Khieu Sampan.
C'est une juridiction née de longues tractations entre l'état Cambodgien et les Nations Unies qui déterminera leur rôle et leur responsabilité face à un peuple partagé entre le désir d’oublier pour mieux reconstruire et celui que Justice soit enfin faite.
Mais pour ceux qui pensent, comme Avocats sans Frontières France impliquée dans la défense des victimes, que la lutte contre l’impunité demeure un combat indispensable, il s’agit d’un nouveau progrès qui doit être salué et encouragé.
Après la création des Tribunaux pénaux Internationaux pour l’ex Yougoslavie et le Rwanda, après celle de la Cour Pénale Internationale, un pas supplémentaire est franchi vers ce vieux rêve de l’humanité de voir les plus hauts responsables des crimes les plus graves répondre de leurs actes.
Mais encore faut-il rappeler la responsabilité première des Etats et de la Communauté Internationale qui les ont laissé commettre dans l’indifférence générale au profit d’intérêts géo politiques qui paraissent 30 ans après aussi dérisoires qu’inacceptables.
Nous avons célébré cette fin 2008 le 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et les citoyens du monde demeurent sidérés devant le fossé qui sépare ces principes fondateurs de l’humanité de la réalité.
Puissent ce procès rappeler aux bourreaux que le temps de la Justice finit toujours par arriver ; et à ceux qui seraient encore tentés de les soutenir que les progrès de la conscience universelle les tiendront un jour complices de ces crimes."
François Cantier, Avocat, Président d’Avocats sans Frontières France et de l’Ecole des Droits de l’Homme. |