Actualités Cambodge : été 2009 PDF Print E-mail

Les avocats français se relaient à Phnom Penh chaque mois afin d’assurer la défense d’un groupe de 28 parties civiles devant les Chambres Extraordinaires des Tribunaux Cambodgiens, aux côtés de leurs confrères Cambodgiens.

Présence des Avocats D’ASF France

L’équipe de défense des parties civiles pour le procès, est composé d’avocats membres d’ASF France, dont deux avocats cambodgiens, Kim Mengkhy et Moch Sovanary, et cinq avocats français, Martine Jacquin, Philippe Canonne, Annie Delahaie, Elisabeth Rabesandratana et Fabienne Trusses.
Ce groupe intervient aux côtés de trois autres groupes d’avocats assurant la défense des parties civiles devant les CETC pour le premier procès devant les Chambres Extraordinaires créées au sein des Tribunaux Cambodgiens.
Les avocats français se relaient à Phnom Penh chaque mois afin d’assurer la défense d’un groupe de 28 parties civiles aux côtés de leurs deux confrères Cambodgiens.

Rappel : déroulement du procès

  • Le procès de « Duch » a débuté le 17 février 2009 par les audiences préliminaires.
  • Le jugement au fond a commencé le 30 mars par une déclaration de Duch lui-même ainsi que de ses avocats Kar Savuth et François Roux.
  • Les audiences :
- Du 6 au 22 avril ont été consacrées à la description du bureau de sécurité M13 du Parti communiste du Kampuchea, que dirigeait Duch avant d’être nommé directeur de S21 en 1975, visant à comprendre le contexte dans lequel s’inscrit S21, sa structure, son fonctionnement, et à éclairer la personnalité de Duch.

- Lors de cette semaine ont pu être entendu les témoins François Bizot, 69 ans, ancien chercheur de l’Ecole Française d’Extrême Orient, détenu fin 1971 à M13, ainsi que deux anciens gardes de M13, Chan Voeun, 56 ans, et Chan Khan, âgé d’environ 13 ans à l’époque. Du 23 au 30 avril, les audiences ont été consacrées aux questions des co-procureurs et des parties civiles sur la création de S21 et la prison de Takmao.

- Du 30 avril au 9 juin, la question de la mise en œuvre de la politique du parti communiste du Kampuchea au centre de détention S21 a été abordée. Ainsi, l’expert américain Craig Etcheson, enquêteur rattaché  au Bureau des co-procureurs du Tribunal, est venu témoigner sur la structure du Kampuchea Démocratique. Sa qualité d’expert a été reconnue par la cour. De même, Nayan Chanda, auteur d’un ouvrage sur le conflit Cambodge-Vietnam (« Les frères ennemies ») a été entendu.
- Depuis le 9 juin 2009, la question sur le conflit armé a été abordée ; l’enjeu étant de déterminer si Duch est responsable de crime de guerre.
- Du 22 au 30 juin, Duch a été interrogé su le fonctionnement de S21, ainsi que de Prey Sar (S24) le camp de rééducation chargé de reformer les combattants, et de Choeung Ek, centre d’exécution, deux sites placés sous la responsabilité de S21.
- Après avoir interrogé Duch sur S21, les audiences ont repris du 30 juin au 14 juillet, par l’audition de rescapés de S21:
Vann Nath (voir photo ci-dessus), qui s’est porté partie civile, raconte comment il a été épargné par le régime en peignant des portraits de Pol Pot au centre S21. Chum Mey, également partie civile, a lui, eu la vie sauve grâce à ses talents de mécaniciens utilisés à S21. Bou Meng, 68 ans, détenu à S21. Ly Hor, intervenant en tant que témoin. Lay Chan, partie civile. Phork Khan, ancien soldat Khmer Rouge. Norng Champal, un des enfants de S21 libéré par les soldats vietnamiens. Tan Senarong.Khoeum Meth, ancienne infirmière de S21.Man Ney, ancien chef des interrogatoires de S21.Un nouveau témoin, autre ancien subordonné de Duch. C'est Him Huy, l'ancien chef de la sécurité à S-21, qui a participé au film de Rithy Panh, "S-21, la machine de mort khmère rouge" (2004) et aujourd’hui cultivateur âgé de 54 ans, a été entendu les 15 et 16 juillet 2009.

Vann Nath's autobiographical painting of S-21 prisoners

NB :

Entre temps, des changements ont été effectués au sein de l’administration du tribunal : Reach Sambath, attaché de presse, a été promu responsable de la section des relations publiques, des relations avec les médias, et de la mise à disposition d’informations publiques concernant le travail des CETC. Il a ainsi remplacé Helen Jarvis, réaffectée en tant que responsable de l’Unité des Victimes, suite à la démission de Keat Bophal.
La Chambre de première instance a fait droit à la requête de la défense d’exclure comme élément de preuve au débat les déclarations de deux témoins décédés recueillis par la DC CAM et un interview de l’accusé  réalisé par Christophe Peschoux. Le 23 juin, Robert Petit, co-procureur Canadien, a annoncé son départ, pour des raisons strictement personnelles. Il sera donc prochainement remplacé.