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Nigéria - Formations et plaidoyer pour mettre fin aux violations graves des droits de l’homme

Illustration : Nigéria - Formations et plaidoyer pour mettre fin aux violations graves des droits de l’homme

Au Nigéria, le système judiciaire manque de ressources et accumule les retards. Les prisons sont surpeuplées et la majorité des détenus sont en détention provisoire, attendant pour certains leurs procès depuis plusieurs années. Depuis 15 ans, ASF France au Nigéria œuvre pour le renforcement de l’Etat de droit et l’amélioration de l’accès à la justice pour tous les citoyens et notamment ceux en situation de vulnérabilité. 

Avec le projet SAFE démarré en 2019, et grâce au soutien de l’Union européenne et de l'Agence Française de Développement, nous poursuivons notre travail de lutte contre les violations graves des droits de l’homme (torture, traitements inhumains, détentions arbitraires et exécutions extra-judiciaires), perpétrées par les agences de sécurité étatiques en toute impunité.


Ce mois-ci a eu lieu la seconde mission dans l’Etat de Lagos. Du 3 au 7 mai, une équipe issue d’ASF France et de nos partenaires locaux sur le projet, CAPIO et le barreau nigérian, a pu rencontrer des responsables des agences de sécurité et des acteurs institutionnels clés concernant l’assistance juridique et la défense des droits de l’homme. Ces visites de plaidoyer visaient non seulement à obtenir leur coopération autour du projet SAFE, mais également à les inciter à se joindre à la lutte contre la torture, les mauvais traitements, la détention arbitraire et les exécutions extrajudiciaires. Des cas de violation des droits de l’homme identifiés dans le cadre du projet ont notamment été mis en avant afin d’attirer leur attention et susciter une enquête et/ou une action immédiate. Ces visites de plaidoyer ont également été l’occasion d’inviter ces acteurs clés à participer à la table ronde avec les OSC et les agences de presse. Au total, 43 participants ont pu échanger autour des meilleures pratiques et expériences, formuler des recommandations et proposer des solutions au sujet des violations graves des droits de l'homme.

Du 24 au 28 mai, deux formations ont été animées par la cheffe du projet Angela Uwandu Uzoma-iwuchukwu et un co-formateur du CAPIO. D’abord, 25 membres de la police et d'autres agences de sécurité de l'État ont suivi une formation de trois jours sur les bonnes pratiques en matière de respect des droits de l'homme. Les participants ciblés sont ceux qui interagissent directement avec le grand public et les suspects dans le cadre de leur travail. Concrètement, la formation portait sur la législation nationale, régionale et internationale, notamment sur les lois portant sur l'administration de la justice pénale (ACJ) qui ont introduit quelques innovations dans la conduite de la police lors des arrestations et des détentions en matière de droits de l’homme. Approfondir leurs connaissances sur le processus d'enquête a également été inclus dans l’itinéraire de la formation, car la police a l'obligation d'enquêter sur le comportement des agences de sécurité de l'État en cas de violation grave des droits humains. A l’issue de la formation, les participants ont été encouragés à dupliquer le contenu de la formation pour leurs collègues.

En parallèle, la seconde formation a réuni des journalistes et blogueurs qui couvrent le secteur de la justice et les questions de sécurité, et des membres d’OSC de défense des droits de l’homme identifiées à Lagos. Les 20 participants ont été formés pour suivre et observer la situation des droits de l’homme et pour agir efficacement en cas de violations. Ces compétences sont essentielles pour les OSC qui, travaillant avec les victimes, ont besoin de maîtriser les instruments nationaux, régionaux et internationaux ainsi que leurs procédures. La documentation des affaires, et l’obtention d‘informations claires et fiables étaient également au programme. Concernant les journalistes, ils pourront rendre compte des violations commises par les agences de sécurité de l’État dans une perspective éclairée des droits de l’homme. Pour les affaires à porter devant les tribunaux, les OSC et les médias ont été invités à se référer à l'équipe d'assistance juridique sur des cas spécifiques au cours du projet. En outre, ils ont été formés à l'engagement de plaidoyer auprès des parties prenantes et des décideurs politiques concernés pour la promotion du respect des droits de l'homme par les agences de sécurité de l'État. Les participants, après avoir suivi la formation pourront former leurs pairs, contribuant ainsi à la pérennité des actions promues par le projet.

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